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Le chiffre est brutal : plus de 23 millions de Congolais ne sauraient ni lire ni écrire, selon la ministre d’État chargée des Affaires sociales, Ève Bazaiba Masudi, qui s’est exprimée le 8 septembre 2026 à Kenge à l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation. Cette réalité oblige à dépasser le seul bilan de la gratuité de l’enseignement primaire. Sous Félix Tshisekedi, davantage d’enfants ont rejoint l’école, mais l’accès aux salles de classe ne suffit pas lorsque des millions d’adultes restent exclus de la lecture et que des centaines de milliers d’enfants sont privés d’école à cause des conflits et d’autres incidents.

La gratuité scolaire, une avancée réelle mais incomplète
La gratuité de l’enseignement primaire demeure l’une des réformes sociales les plus visibles du mandat Tshisekedi. Elle a réduit une partie des frais qui empêchaient de nombreuses familles d’inscrire leurs enfants. Cette politique constitue un progrès important, notamment dans un pays où le revenu de nombreux ménages reste très faible.
Mais une politique éducative ne peut pas être évaluée uniquement par le nombre d’inscriptions. Il faut aussi mesurer la présence réelle des élèves, la qualité des apprentissages, le nombre d’enseignants formés, la disponibilité des manuels, l’état des bâtiments et la capacité d’un enfant à lire, écrire et calculer après plusieurs années d’école.
Que signifie le chiffre de 23 millions ?
Ce chiffre décrit une urgence nationale qui concerne différentes générations. Une partie des adultes n’a jamais fréquenté l’école. D’autres l’ont quittée très tôt à cause de la pauvreté, des déplacements, du mariage précoce, de l’éloignement des établissements ou des conflits armés. L’analphabétisme limite ensuite l’accès à l’emploi, aux services bancaires, aux informations de santé, aux démarches administratives et aux outils numériques.
Il faut néanmoins interpréter toute estimation avec méthode : le gouvernement devrait publier la source, l’année de collecte, la tranche d’âge étudiée et la définition utilisée. Cette transparence permettrait de fixer des objectifs mesurables et d’éviter que le débat reste limité à un chiffre spectaculaire.
L’Est de la RDC, double victime de la guerre
Les conflits détruisent des vies, mais aussi l’avenir scolaire. Des établissements ferment, des enseignants fuient et des familles déplacées perdent leurs documents et leurs revenus. D’après des données recueillies dans douze des 26 provinces et citées par Actualite.cd, 1 131 établissements demeuraient fermés au 31 juillet 2026, laissant précisément 491 578 enfants hors du système scolaire. Chaque année scolaire perdue augmente les risques d’exploitation, de recrutement armé, de travail précoce et de pauvreté durable.
Dans ces zones, la réponse ne peut pas attendre une paix parfaite. L’État doit financer des espaces temporaires d’apprentissage, sécuriser les écoles, accélérer la réintégration des enfants déplacés et soutenir les enseignants qui travaillent dans des conditions dangereuses.
Ce que Tshisekedi devrait faire maintenant
- Lancer un programme national d’alphabétisation des adultes, disponible aussi en langues nationales.
- Publier chaque année des résultats d’apprentissage par province, et pas seulement les effectifs inscrits.
- Recruter et payer régulièrement les enseignants, y compris dans les zones rurales.
- Développer des classes du soir, des radios éducatives et des contenus accessibles sur téléphone.
- Accorder un financement particulier aux enfants déplacés, aux filles et aux personnes handicapées.
- Associer les Églises, les associations et les entreprises à un effort national contrôlé par l’État.
Une question de développement et de souveraineté
Un pays riche en minerais mais incapable de donner les compétences de base à toute sa population restera dépendant de l’expertise étrangère. Lire un contrat, comprendre une facture, utiliser un service numérique ou créer une petite entreprise suppose un minimum d’éducation. L’alphabétisation n’est donc pas une dépense secondaire : elle conditionne l’économie, la démocratie et la souveraineté.
Conclusion : le prochain test du bilan présidentiel
Félix Tshisekedi peut revendiquer l’ouverture de l’école à davantage d’enfants grâce à la gratuité. Mais le chiffre de 23 millions montre que le chantier dépasse largement le primaire. Le prochain niveau de son bilan doit porter sur la qualité des apprentissages, le rattrapage des adultes et la protection des enfants touchés par la guerre. La vraie réussite ne sera pas seulement d’avoir une place dans une classe, mais d’en sortir avec la capacité de comprendre le monde et de construire son avenir.
Sources : Radio Okapi, Actualite.cd et Présidence de la RDC, informations consultées le 9 septembre 2026.
Le chiffre est brutal : environ 23 millions de Congolais ne sauraient ni lire ni écrire, selon une déclaration gouvernementale relayée le 9 septembre 2026 par Radio Okapi. Cette réalité oblige à dépasser le bilan de la gratuité de l’enseignement primaire. Sous Félix Tshisekedi, davantage d’enfants ont rejoint l’école, mais l’accès aux salles de classe ne suffit pas lorsque des millions d’adultes restent exclus de la lecture et que près de 500 000 enfants seraient privés d’école à cause des conflits et d’autres incidents.

La gratuité scolaire, une avancée réelle mais incomplète
La gratuité de l’enseignement primaire demeure l’une des réformes sociales les plus visibles du mandat Tshisekedi. Elle a réduit une partie des frais qui empêchaient de nombreuses familles d’inscrire leurs enfants. Cette politique constitue un progrès important, notamment dans un pays où le revenu de nombreux ménages reste très faible.
Mais une politique éducative ne peut pas être évaluée uniquement par le nombre d’inscriptions. Il faut aussi mesurer la présence réelle des élèves, la qualité des apprentissages, le nombre d’enseignants formés, la disponibilité des manuels, l’état des bâtiments et la capacité d’un enfant à lire, écrire et calculer après plusieurs années d’école.
Que signifie le chiffre de 23 millions ?
Ce chiffre décrit une urgence nationale qui concerne différentes générations. Une partie des adultes n’a jamais fréquenté l’école. D’autres l’ont quittée très tôt à cause de la pauvreté, des déplacements, du mariage précoce, de l’éloignement des établissements ou des conflits armés. L’analphabétisme limite ensuite l’accès à l’emploi, aux services bancaires, aux informations de santé, aux démarches administratives et aux outils numériques.
Il faut néanmoins interpréter toute estimation avec méthode : le gouvernement devrait publier la source, l’année de collecte, la tranche d’âge étudiée et la définition utilisée. Cette transparence permettrait de fixer des objectifs mesurables et d’éviter que le débat reste limité à un chiffre spectaculaire.
L’Est de la RDC, double victime de la guerre
Les conflits détruisent des vies, mais aussi l’avenir scolaire. Des établissements ferment, des enseignants fuient et des familles déplacées perdent leurs documents et leurs revenus. Actualite.cd rapporte que près de 500 000 enfants seraient actuellement privés d’école en raison des conflits et d’autres incidents. Chaque année scolaire perdue augmente les risques d’exploitation, de recrutement armé, de travail précoce et de pauvreté durable.
Dans ces zones, la réponse ne peut pas attendre une paix parfaite. L’État doit financer des espaces temporaires d’apprentissage, sécuriser les écoles, accélérer la réintégration des enfants déplacés et soutenir les enseignants qui travaillent dans des conditions dangereuses.
Ce que Tshisekedi devrait faire maintenant
- Lancer un programme national d’alphabétisation des adultes, disponible aussi en langues nationales.
- Publier chaque année des résultats d’apprentissage par province, et pas seulement les effectifs inscrits.
- Recruter et payer régulièrement les enseignants, y compris dans les zones rurales.
- Développer des classes du soir, des radios éducatives et des contenus accessibles sur téléphone.
- Accorder un financement particulier aux enfants déplacés, aux filles et aux personnes handicapées.
- Associer les Églises, les associations et les entreprises à un effort national contrôlé par l’État.
Une question de développement et de souveraineté
Un pays riche en minerais mais incapable de donner les compétences de base à toute sa population restera dépendant de l’expertise étrangère. Lire un contrat, comprendre une facture, utiliser un service numérique ou créer une petite entreprise suppose un minimum d’éducation. L’alphabétisation n’est donc pas une dépense secondaire : elle conditionne l’économie, la démocratie et la souveraineté.
Conclusion : le prochain test du bilan présidentiel
Félix Tshisekedi peut revendiquer l’ouverture de l’école à davantage d’enfants grâce à la gratuité. Mais le chiffre de 23 millions montre que le chantier dépasse largement le primaire. Le prochain niveau de son bilan doit porter sur la qualité des apprentissages, le rattrapage des adultes et la protection des enfants touchés par la guerre. La vraie réussite ne sera pas seulement d’avoir une place dans une classe, mais d’en sortir avec la capacité de comprendre le monde et de construire son avenir.
Sources : Radio Okapi, Actualite.cd et Présidence de la RDC, informations consultées le 9 septembre 2026.
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