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Le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi entre dans sa phase la plus délicate : déterminer qui peut s’asseoir autour de la table sans transformer la recherche de la paix en prime accordée aux armes. Le débat a été relancé cette semaine par l’ancienne ministre Marie-Ange Mushobekwa, qui estime qu’une paix durable exige de parler aussi avec l’AFC/M23. Cette position pose une question centrale : peut-on mettre fin à une guerre sans associer l’un de ses principaux protagonistes, et à quelles conditions ?

Un dialogue annoncé dans un pays toujours divisé
Dans une adresse à la nation prononcée le 27 août 2026, Félix Tshisekedi a précisé les contours d’un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. Le chef de l’État a toutefois exclu les personnes ayant pris les armes contre l’ordre constitutionnel, une position qui écarte l’AFC/M23 de ces assises. L’initiative intervient alors que les violences persistent dans l’Est et que les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent au cœur de la crise régionale.
Sur le principe, dialoguer paraît nécessaire. Mais la composition de la table déterminera en grande partie la crédibilité du processus. Un dialogue limité à la majorité présidentielle et à quelques alliés risquerait d’être perçu comme une rencontre politique sans véritable capacité de résoudre la crise. À l’inverse, une ouverture sans règles pourrait banaliser la violence armée.
Pourquoi certains réclament l’inclusion de l’AFC/M23
Les défenseurs d’un dialogue inclusif partent d’un constat pragmatique : on ne négocie pas seulement avec ceux qui partagent déjà les mêmes positions. L’AFC/M23 contrôle ou influence des territoires, dispose d’une chaîne de commandement et affecte directement la vie de centaines de milliers de civils. L’écarter totalement d’un processus de paix peut laisser intacte la dimension militaire du conflit.
Cette inclusion ne devrait toutefois pas signifier reconnaissance politique automatique, effacement des responsabilités présumées ou abandon des poursuites judiciaires. Une négociation peut porter sur un cessez-le-feu, le retrait des combattants, la libération des zones occupées, l’accès humanitaire et le désarmement sans accorder une immunité générale.
Les risques politiques pour Félix Tshisekedi
Pour le président, le choix est difficile. Refuser tout contact peut renforcer l’image d’un pouvoir ferme sur la souveraineté, mais aussi prolonger une guerre que la seule réponse militaire n’a pas encore réglée. Accepter une participation directe peut faciliter des discussions concrètes, tout en exposant Tshisekedi à l’accusation de négocier sous la pression des armes.
Le gouvernement doit également éviter la confusion entre dialogue intérieur et négociation régionale. Les revendications politiques congolaises peuvent être examinées dans un cadre national. Les accusations d’intervention étrangère, la question des frontières et les engagements du Rwanda relèvent aussi de mécanismes diplomatiques et internationaux distincts.
Cinq garanties pour un dialogue crédible
- Un ordre du jour public : paix, sécurité, institutions et conditions sociales doivent être clairement séparées.
- Une médiation acceptable : les participants doivent faire confiance à une personnalité ou une institution impartiale.
- La protection des victimes : les communautés déplacées, les femmes et la société civile de l’Est doivent être représentées.
- Aucune impunité automatique : les crimes graves ne peuvent être effacés par un arrangement politique.
- Un calendrier vérifiable : cessez-le-feu, retrait, désarmement et retour de l’État doivent comporter des étapes contrôlables.
La paix ne peut pas devenir un arrangement entre élites
Le risque principal serait de réduire le dialogue à un partage de postes entre responsables politiques et chefs de groupes armés. Les Congolais attendent d’abord la sécurité, le retour des déplacés, la réouverture des écoles, la reprise des activités économiques et le rétablissement d’une justice accessible.
Le succès de Tshisekedi ne sera donc pas mesuré au nombre de participants ni à la solennité des discours. Il dépendra de résultats visibles sur le terrain. Un accord qui ne change pas la vie des populations de Goma, Bukavu, Masisi, Rutshuru ou Walikale restera un document politique de plus.
Conclusion : dialoguer, mais avec des lignes rouges
Inclure l’AFC/M23 peut être défendu comme une nécessité pratique, à condition que le cadre ne légitime ni l’occupation territoriale ni les crimes imputés aux combattants. Félix Tshisekedi doit construire un processus suffisamment ouvert pour traiter les causes de la guerre, mais suffisamment ferme pour protéger la souveraineté et les victimes. Le véritable courage politique ne consiste ni à refuser toute discussion ni à tout céder : il consiste à négocier des résultats vérifiables sans sacrifier la justice.
Sources : Présidence de la RDC, Actualite.cd et Radio Okapi, informations consultées le 9 septembre 2026.
Le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi entre dans sa phase la plus délicate : déterminer qui peut s’asseoir autour de la table sans transformer la recherche de la paix en prime accordée aux armes. Le débat a été relancé cette semaine par l’ancienne ministre Marie-Ange Mushobekwa, qui estime qu’une paix durable exige de parler aussi avec l’AFC/M23. Cette position pose une question centrale : peut-on mettre fin à une guerre sans associer l’un de ses principaux protagonistes, et à quelles conditions ?

Un dialogue annoncé dans un pays toujours divisé
Le 28 août 2026, Félix Tshisekedi a officiellement lancé un dialogue national consacré à la paix, à la cohésion et à la refondation de l’État. L’initiative intervient alors que les violences persistent dans l’Est, que l’AFC/M23 conserve une capacité militaire importante et que les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent au cœur de la crise régionale.
Sur le principe, dialoguer paraît nécessaire. Mais la composition de la table déterminera en grande partie la crédibilité du processus. Un dialogue limité à la majorité présidentielle et à quelques alliés risquerait d’être perçu comme une rencontre politique sans véritable capacité de résoudre la crise. À l’inverse, une ouverture sans règles pourrait banaliser la violence armée.
Pourquoi certains réclament l’inclusion de l’AFC/M23
Les défenseurs d’un dialogue inclusif partent d’un constat pragmatique : on ne négocie pas seulement avec ceux qui partagent déjà les mêmes positions. L’AFC/M23 contrôle ou influence des territoires, dispose d’une chaîne de commandement et affecte directement la vie de centaines de milliers de civils. L’écarter totalement d’un processus de paix peut laisser intacte la dimension militaire du conflit.
Cette inclusion ne devrait toutefois pas signifier reconnaissance politique automatique, effacement des responsabilités présumées ou abandon des poursuites judiciaires. Une négociation peut porter sur un cessez-le-feu, le retrait des combattants, la libération des zones occupées, l’accès humanitaire et le désarmement sans accorder une immunité générale.
Les risques politiques pour Félix Tshisekedi
Pour le président, le choix est difficile. Refuser tout contact peut renforcer l’image d’un pouvoir ferme sur la souveraineté, mais aussi prolonger une guerre que la seule réponse militaire n’a pas encore réglée. Accepter une participation directe peut faciliter des discussions concrètes, tout en exposant Tshisekedi à l’accusation de négocier sous la pression des armes.
Le gouvernement doit également éviter la confusion entre dialogue intérieur et négociation régionale. Les revendications politiques congolaises peuvent être examinées dans un cadre national. Les accusations d’intervention étrangère, la question des frontières et les engagements du Rwanda relèvent aussi de mécanismes diplomatiques et internationaux distincts.
Cinq garanties pour un dialogue crédible
- Un ordre du jour public : paix, sécurité, institutions et conditions sociales doivent être clairement séparées.
- Une médiation acceptable : les participants doivent faire confiance à une personnalité ou une institution impartiale.
- La protection des victimes : les communautés déplacées, les femmes et la société civile de l’Est doivent être représentées.
- Aucune impunité automatique : les crimes graves ne peuvent être effacés par un arrangement politique.
- Un calendrier vérifiable : cessez-le-feu, retrait, désarmement et retour de l’État doivent comporter des étapes contrôlables.
La paix ne peut pas devenir un arrangement entre élites
Le risque principal serait de réduire le dialogue à un partage de postes entre responsables politiques et chefs de groupes armés. Les Congolais attendent d’abord la sécurité, le retour des déplacés, la réouverture des écoles, la reprise des activités économiques et le rétablissement d’une justice accessible.
Le succès de Tshisekedi ne sera donc pas mesuré au nombre de participants ni à la solennité des discours. Il dépendra de résultats visibles sur le terrain. Un accord qui ne change pas la vie des populations de Goma, Bukavu, Masisi, Rutshuru ou Walikale restera un document politique de plus.
Conclusion : dialoguer, mais avec des lignes rouges
Inclure l’AFC/M23 peut être défendu comme une nécessité pratique, à condition que le cadre ne légitime ni l’occupation territoriale ni les crimes imputés aux combattants. Félix Tshisekedi doit construire un processus suffisamment ouvert pour traiter les causes de la guerre, mais suffisamment ferme pour protéger la souveraineté et les victimes. Le véritable courage politique ne consiste ni à refuser toute discussion ni à tout céder : il consiste à négocier des résultats vérifiables sans sacrifier la justice.
Sources : Présidence de la RDC, Actualite.cd et Radio Okapi, informations consultées le 9 septembre 2026.
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